En ce jour de poisson d’avril, la Colombie-Britannique a le salaire minimum le plus bas du Canada, ce qui donne l’impression aux travailleurs au salaire minimum d’être des imbéciles. Vendredi dernier, le Nouveau-Brunswick a porté son salaire horaire minimum à 10,65 dollars, laissant les travailleurs de la Colombie-Britannique au salaire minimum à 10,45 dollars de l’heure (ou 9,20 dollars de l’heure pour les serveurs de boissons alcoolisées).
Bien que le faible salaire minimum en Colombie-Britannique affecte plus de 120 000 travailleurs dans la province, les travailleurs au salaire minimum en Colombie-Britannique ne correspondent plus à l’idée reçue selon laquelle ils sont tous des adolescents vivant avec leurs parents. 82 % des travailleurs au salaire minimum ont plus de 19 ans et plus de 15 000 ont plus de 65 ans. Les travailleurs au salaire minimum en Colombie-Britannique sont également très instruits, 53 % d’entre eux étant titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
Niloo Farahzadeh, qui travaille dans le secteur de l’hôtellerie, déclare : « Lorsque vous travaillez à temps partiel dans le commerce de détail ou l’hôtellerie, vous risquez constamment de voir vos heures de travail réduites et de ne pas gagner assez d’argent pour survivre. Même lorsque vous travaillez à temps plein dans ce secteur, vous êtes surmené, sous-évalué et vous gagnez à peine de quoi payer le loyer et rattraper les factures. »
Une déclaration publiée par le gouvernement provincial la semaine dernière indique que le salaire minimum en Colombie-Britannique fait actuellement l’objet d’un examen et qu’une augmentation devrait entrer en vigueur le 15 septembre 2016.
Cela signifie que les travailleurs au salaire minimum passeront les cinq prochains mois à gagner le salaire le plus bas autorisé par la loi au Canada. Alors que le Parti libéral de la Colombie-Britannique laisse entendre qu’il recherche un équilibre dans les politiques relatives au salaire minimum, les travailleurs qui luttent pour survivre estiment que cet équilibre n’est jamais en leur faveur.
Hilary Marks, une employée du commerce de détail de 57 ans, n’est pas impressionnée : « Augmenter le salaire minimum de quelques centimes à la fois ne va pas aider les enfants, les familles et les travailleurs qui tentent de survivre avec ces salaires de misère. »
Eric Nordal, barman et organisateur au sein du Retail Action Network, estime que cette nouvelle est un signal d’alarme pour les travailleurs de toute la province : « Les travailleurs de Colombie-Britannique luttent déjà dans un endroit où le marché du logement est l’un des moins abordables, où un enfant sur cinq continue de vivre dans la pauvreté et où les parents qui travaillent au salaire minimum sont en dessous du seuil de pauvreté national. Nous vivons dans une province où les travailleurs à bas salaire ne sont absolument pas pris en compte. Nous sommes acculés au pied du mur et nous commençons à exiger de sérieux changements.
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