VICTORIA, C.-B. – Après des années de sensibilisation à la prévalence du » vol de pourboire » en C.-B., le Retail Action Network célèbre une victoire pour les travailleurs de la province. Le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé aujourd’hui l’adoption d’une loi garantissant la protection des pourboires des travailleurs en vertu de la loi sur les normes d’emploi (Employment Standards Act).
Le vol de pourboires est devenu un phénomène courant en Colombie-Britannique, tant dans les petites entreprises que dans les franchises. S’il est culturellement admis que les pourboires sont partagés entre le personnel de cuisine et les autres travailleurs, il est moins connu que la direction et les employeurs en prélèvent souvent un pourcentage. Dans toute la province, les employeurs utilisent ce que l’on appelle une « réserve de pourboires » pour accorder des primes à leur équipe de direction ou pour accroître les bénéfices de leur entreprise.
« Il est communément admis qu’un employeur, ou la direction, prendra vos pourboires. La norme dans le secteur veut qu’un pourcentage de vos pourboires disparaisse. Il n’y a aucune transparence quant à la destination et à la répartition des pourboires », déclare Pamela Charron, serveuse dans un restaurant de Victoria, en Colombie-Britannique. « Les pourboires sont une source importante de revenus, c’est comme ça que je paie mon loyer. Il est ridicule que la loi sur les normes d’emploi ne prévoie aucune protection. » Elle se réjouit des nouveaux changements et pense qu’ils auront un effet considérable sur l’industrie de la restauration.
« En Colombie-Britannique, c’est le Far West en ce qui concerne le contrôle des pourboires. Il n’y avait pas de lois, et nous n’avons donc jamais eu de recours lorsqu’un employeur volait les pourboires d’un travailleur », explique Eric Nordal, coordinateur de projet au sein du réseau Retail Action Network. « Chaque semaine, des travailleurs nous appellent pour nous dire que leur patron leur a volé leurs pourboires. Il s’agit de centaines, voire de milliers de dollars. Nous avons dû leur dire que nous ne pouvions rien faire ».
Bien que le Retail Action Network célèbre cette victoire, cette nouvelle législation ne va pas assez loin. Elle laisse encore la place à des abus de la part de l’employeur. « Malgré nos recommandations, le gouvernement provincial a annoncé une loi qui pourrait permettre à un employeur de décider s’il a le droit de faire partie de la réserve de pourboires. Il s’agit d’une zone grise propice aux interprétations erronées et aux abus de la part des employeurs », a déclaré Eric Nordal, coordinateur de projet du Réseau d’action des détaillants.
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