Ce n’est que le début de la campagne visant à récupérer l’argent légalement dû par Wild Coffee au travailleur maltraité, et nous avons constaté un affaiblissement significatif de la confiance du patron. Son espoir de s’en tirer avec les mauvais traitements qu’il a infligés s’effondre à chaque action directe menée par l’ensemble de la communauté et organisée par le Retail Action Network. Et pourtant, de la manière la plus embarrassante qui soit, ils lancent leurs faibles tactiques pour nous repousser. Le patron, ses employés serviles* et la police crient à la décence, aux bonnes manières, voire à l’équité, lorsque les membres de la classe ouvrière de la communauté se solidarisent avec le travailleur maltraité et demandent ce qui leur est légalement dû. Est-ce vraiment cette communauté, y compris le Retail Action Network, qui a besoin de ces caractéristiques, ou est-ce que ce sont ceux qui formulent ces demandes de manière péremptoire qui ont le plus besoin de les mettre en pratique ?
Comment la patronne supplie pour un simple salaire décent, tout en plaidant avec culpabilité, « ce n’est pas vrai », de la porte du Wild Coffee à chaque passant – à chaque nouveau client qu’ils ont perdu. Si ce n’était pas vrai, pourquoi jetterait-elle une maigre partie de l’argent dû au travailleur maltraité pour tenter de nous racheter ? Comme si la classe ouvrière pouvait être rachetée avec moins que ce qui lui est légitimement dû ! Pourquoi contredire leur histoire ? En disant à un moment qu’ils n’ont rien fait de mal, puis l’instant d’après qu’ils n’ont tout simplement pas réalisé qu’ils faisaient quelque chose de mal. Même si nous avons expliqué à l’escroc honnête comment il a escroqué, il sait maintenant comment gérer décemment la situation, ce qui mettra fin à la campagne qu’il trouve si odieuse. Honnêtement, qu’y a-t-il de décent à ce qu’un ancien patron appelle le dernier employeur d’un travailleur abusé pour lui dire du mal dans l’espoir de détruire sa capacité à continuer à gagner sa vie ! Crier et s’en prendre aux membres de la communauté qui s’inquiètent de l’exploitation d’un travailleur est une chose, mais traquer le nouvel employeur du travailleur qu’ils ont maltraité et diffuser des informations malveillantes dans le seul but de nuire davantage à celui qu’ils ont illégalement payé en dessous du salaire minimum, c’est le fait d’une personne qui a soit oublié ce qu’est la décence, soit qui n’en a jamais entendu parler auparavant !
Les employés soumis, les amis des patrons, défendent leur bienfaiteur en faisant simplement appel aux bonnes manières ! Si le patron faisait preuve d’un tel professionnalisme, le travailleur maltraité n’aurait pas été maltraité en premier lieu ! De plus, si le patron faisait preuve de professionnalisme après l’abus, il paierait immédiatement ce qui est dû dans son intégralité et s’excuserait abondamment pour les mauvais traitements qu’il a infligés à son ancien employé et qui mettent sa vie en danger**. Bien entendu, avant toute action directe, le RAN a contacté pacifiquement le patron pour l’informer clairement de la situation, de ce qu’il pouvait (et peut toujours) faire pour résoudre le problème et de ce qui l’attendait s’il ne coopérait pas. Les actes sont plus éloquents que les paroles, et puisque nos paroles ont été ignorées, nos actions légales non violentes passées et futures sont justifiées.
Comment la police suggère-t-elle l’équité alors qu’elle tente ridiculement d’intimider la communauté des travailleurs solidaires ! N’est-il pas injuste d’abuser d’un travailleur en le privant de son salaire (en particulier lorsqu’il se débrouille déjà avec ses revenus inférieurs au salaire minimum légal ) ? N’est-il pas injuste de cacher cette information à des clients potentiels (la plupart des gens préféreraient ne pas donner d’argent à un établissement qui maltraite si cruellement ses employés) ? N’est-il pas injuste que la communauté, dont beaucoup sont eux-mêmes des travailleurs à bas salaire, réunisse collectivement 237 dollars pour cet ancien employé maltraité de Wild Coffee dans cette période difficile (une somme que le patron devrait facilement être en mesure de fournir, ainsi que le reste de la somme due) ? La seule question d’équité devrait concerner le montant juste et légal de l’argent dû à la travailleuse maltraitée par Wild Coffee et qui lui est toujours refusé.
En fin de compte, il s’avère que le professionnalisme est manifestement le plus nécessaire à ceux qui réclament le RAN et à la communauté pour le mettre en pratique. Le Retail Action Network, avec le soutien de la communauté ouvrière, n’a mené que trois actions jusqu’à présent. Toutes ont été légales et pacifiques. Les actions ont été menées pour montrer au patron que les abus qu’il a infligés ne seront pas tolérés, qu’une masse croissante de personnes au sein de la communauté soutient la travailleuse maltraitée et continuera à la soutenir jusqu’à ce que le patron fasse ce qu’il faut. Qu’est-ce qui est juste ? Payer immédiatement et intégralement ce qui est dû. C’est la seule chose professionnelle à faire, la chose décente à faire, la chose juste à faire… du moins c’est ce que la communauté de la classe ouvrière a montré et continuera à montrer à travers l’action directe.
* Il peut être difficile pour quiconque de savoir si les travailleurs encore employés refusent de défendre leur ancien collègue afin de conserver leur emploi (c’est-à-dire leur moyen de payer le loyer, les courses, les factures et autres nécessités) ou parce qu’ils sont véritablement des amis du patron, des serviteurs manipulés par leur maître. Nous avons bien sûr de la sympathie pour les premiers, mais nous les encourageons à reconnaître qu’ils sont tout aussi capables d’être maltraités par le patron que l’a été la travailleuse maltraitée que nous défendons, et que la solidarité avec elle et les autres travailleurs est la clé de leur force collective.
** Permettez-moi de répéter, car on ne le soulignera jamais assez, que le fait de retenir des centaines de dollars à un travailleur qui gagne moins que le salaire minimum met sa vie en danger ; cet argent (une petite somme par rapport aux bénéfices réalisés par le café) est ce que le travailleur doit utiliser pour payer son loyer, ses courses, ses factures et d’autres nécessités pour maintenir sa vie !

