Le Réseau de solidarité des travailleurs est composé de travailleurs précaires et vulnérables de tous les coins du monde, y compris des travailleurs migrants. Nous sommes alarmés et déçus d’apprendre que le projet de loi C-12 a été adopté par la Chambre des représentants et qu’il est en passe de devenir une loi. Le projet de loi C-12 menace les droits fondamentaux des migrants, des réfugiés et des citoyens à travers le Canada ; il donne des pouvoirs considérables au gouvernement pour révoquer le statut d’immigrant sans évaluation individuelle, pour limiter le droit des demandeurs d’asile à une audience et à la possibilité de faire appel des décisions, pour partager des informations personnelles sans garanties adéquates, et pour augmenter les déportations.
Alors que nous observons avec horreur les activités de l’ICE de l’autre côté de la frontière aux États-Unis, le projet de loi C-12 cherche à introduire une politique frontalière à la Trump de ce côté-ci de la frontière et nous rappelle brutalement que ce qui se passe aux États-Unis peut se produire ici. Le Canada lui-même a une histoire de racisme anti-migrants, de répression et de déportations, et les politiques frontalières dites américaines sont aussi des politiques frontalières canadiennes. Nous l’avons vu avec les récentes tentatives d’expulsion de travailleurs de l’hôtellerie en Colombie-Britannique. Nous comptons sur les migrants pour prendre soin de nos aînés et occuper des emplois précieux qui font tourner notre économie. Ils constituent un tissu de notre société qui est discrètement mis à mal, non seulement en termes de salaire, mais aussi de droits fondamentaux en tant que travailleur.
En cherchant à criminaliser davantage les migrants, le projet de loi C-12 ouvre la voie à l’exploitation et à l’abus des travailleurs migrants. Non seulement il n’ offre pas de solution aux problèmes auxquels notre pays est confronté, tels que la crise de l’accessibilité financière, la crise du logement et la montée des politiques d’austérité, mais en faisant des migrants des boucs émissaires, en les poussant encore plus dans la clandestinité et en limitant leur capacité à faire valoir leurs droits, le projet de loi C-12 ne fera qu’exacerber ces problèmes. Les migrants, incapables d’accéder à leurs droits en raison de leur statut précaire, sont souvent contraints de se conformer à la loi alors même qu’ils sont exploités. Cela les place dans une sous-classe permanente, incapable de recevoir des salaires, des conditions et des avantages équitables, et les patrons s’en servent pour faire baisser les salaires de tous les travailleurs. Si les migrants étaient en mesure de faire valoir leurs droits et d’accéder à des conditions équitables et égales, cela réduirait la capacité des employeurs à faire baisser les salaires, car ils ne pourraient pas faire des migrants des boucs émissaires contraints de travailler dans des conditions inégales et horribles et d’accepter des salaires moindres.
La solidarité avec les migrants est une question de droits de l’homme, mais c’est aussi une question de travail ; et les travailleurs qui se solidarisent avec d’autres travailleurs, avec les travailleurs migrants, ne peuvent que nous être bénéfiques à tous à long terme. Nous ne pouvons pas être solidaires uniquement lorsque cela nous profite personnellement ; aucun d’entre nous n’en est exempt, et la privation des droits d’autres travailleurs peut également nous arriver.
Dans les semaines à venir, le Réseau de solidarité des travailleurs dévoilera une campagne visant à étendre les protections des travailleurs migrants et de tous les travailleurs de cette province, ici et maintenant. Si vous avez été horrifié par les activités de l’ICE, par l’adoption du projet de loi C-12, par la normalisation d’horribles violations des droits de l’homme et par la prolifération de la haine et des boucs émissaires anti-migrants et anti-réfugiés à l’américaine, sachez qu’il y a des choses que nous pouvons faire maintenant, avant que le projet de loi ne soit adopté par le Sénat lorsqu’il reprendra le débat le 3 février 2026, pour essayer de protéger les travailleurs migrants dans nos communautés. D’ici là, nous encourageons nos membres à suivre les organisations de défense des migrants et leur travail, notamment le Migrant Rights Network et sa pétition sur MigrantRights.ca/VoteNOC12, le Migrant Workers Centre of BC, Migrante, et d’autres.

